Les Partenariats Public-Privé et l'accès à l'eau dans les pays émergents: le projet de Véolia à Nagpur (Inde)


Enjeux:

Si l'accès à l'eau potable propre et salubre a été reconnu comme un droit fondamental par l'ONU en juillet 2010, cet accès à l'eau, et par conséquent la gestion des réseaux d'adduction d'eau, restent un véritable défi pour le développement. Un des Objectifs du Millénaire pour le Développement (7° O.M.D.) fixe justement l'objectif de réduire d'ici 2015 de moitié la population n'ayant pas d'accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à un système d'assainissement de base. Mais  les villes des pays émergents, en pleine croissance démographique et en "urban sprawl" (étalement urbain) connaissent de nombreux problèmes liés à l'accès à l'eau: réseaux d'adduction vétustes et insuffisants, responsabilités des gestionnaires multiples et fractionnées, nappes phréatiques polluées et manque d'assainissement des eaux usées, faibles débits des réseaux et rationnement chronique. Face aux défaillances des réseaux publics, les villes se tournent de plus en plus vers les marchés de la desserte et de l'assainissement de l'eau, vers les grandes firmes internationales telles que Véolia Eau, Suez Environnement ou la S.A.U.R..La gestion de l'eau est ainsi déléguée par les pouvoirs publics à des entrepreneurs privés, dont les compétences technologiques et financières sont jugées plus aptes à assurer l'approvisionnement et la desserte de l'eau, ainsi que la maintenance des réseaux. Les Partenariats Public-Privé prennent des formes variées (contrats de concession ou de délégation, durée plus ou moins longue), et ils suscitent des réactions diverses de la part des différentes parties prenantes (population locale, vendeurs d'eau, plombiers, activistes et ONG).  


Nagpur, ville de 2,5 millions d'habitants, deuxième capitale du Maharashtra est la première ville indienne à se lancer dans un Partenariat Public-Privé. Elle vient de passer un contrat en novembre 2011 avec Véolia pour l'opération de maintenance et d'approvisionnement en eau de la totalité de son territoire urbain. Un premier contrat avait été signé en 2008 avec Véolia pour développer un  projet d'essai sur une zone restreinte. L'enjeu est maintenant de desservir toute la ville - et notamment les bidonvilles, qui concentrent un tiers de la population de Nagpur -  avec une eau de qualité et de façon continue. Ainsi le projet se dénomme le "24*7 project", car il s'agit de desservir la ville en eau 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Pour ce faire, Véolia s'est associée avec un opérateur local, formant ainsi le groupe O.C.W. (Orange City Water). Ce projet d'extension des réseaux d'adduction d'eau à l'ensemble de la ville est techniquement et politiquement de taille: il est actuellement à son stade de démarrage.


Bornes-fontaines dans un bidonville de Nagpur
(photos prises en 2011 par C. Renouard)